{"id":72576,"date":"2024-06-19T11:10:20","date_gmt":"2024-06-19T09:10:20","guid":{"rendered":"https:\/\/primolevi.org\/?p=72576"},"modified":"2024-06-27T14:52:42","modified_gmt":"2024-06-27T12:52:42","slug":"a-corps-perdu","status":"publish","type":"ressource","link":"https:\/\/primolevi.org\/en\/ressource\/a-corps-perdu","title":{"rendered":"\u00c0 corps perdu"},"content":{"rendered":"\n<p><br><em>Le corps endolori, bris\u00e9 par les effets de la violence, eux-m\u00eames entretenus par l\u2019exil et les conditions d\u2019accueil, semble d\u00e9sert\u00e9 par le sujet. Seul un regard bienveillant, se substituant \u00e0 celui du bourreau, favorise un r\u00e9investissement corporel.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exil, tel que nous souhaitons l\u2019\u00e9voquer, ne peut \u00eatre dissoci\u00e9 de la violence v\u00e9cue au pays. Le d\u00e9part est toujours contraint, que la violence soit directe comme lorsqu\u2019on cherche \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 un groupe arm\u00e9 ou \u00e0 un pers\u00e9cuteur, ou indirecte, lorsqu\u2019on baigne dans un climat mena\u00e7ant qui ne cesse de s\u2019intensifier et de se rapprocher. Prendre la d\u00e9cision de fuir son pays, c\u2019est sauver sa peau dans l\u2019urgence. Ce n\u2019est donc pas un simple changement d\u2019environnement. L\u2019exil\u00e9 se perd, g\u00e9ographiquement, socialement, culturellement et psychiquement. Tous les rep\u00e8res symboliques et imaginaires qui lui ont permis de s\u2019approprier son corps ont \u00e9t\u00e9 entam\u00e9s par la violence subie, par le parcours sinistre souvent plein de mauvaises rencontres et par la situation d\u2019exil qui s\u00e9pare la personne de ce qui lui \u00e9tait familier. Les s\u00e9vices intentionnelles, l\u2019attaque du corps et l\u2019instauration de la peur visent la subjectivit\u00e9 de la personne, ses pens\u00e9es, son intimit\u00e9 et par r\u00e9percussion, ses liens aux autres. Autrement dit, c\u2019est une attaque du \u00ab&nbsp;pulsionnel&nbsp;\u00bb qui ram\u00e8ne \u00e0 une forme de primaut\u00e9 de l\u2019organique, r\u00e9duisant le corps \u00e0 du fonctionnel. Le sujet est en panne de repr\u00e9sentations tant elles ont \u00e9t\u00e9 an\u00e9anties.<\/p>\n\n\n\n<p>Le constat clinique, sur les plans psychologique et m\u00e9dical, c\u2019est de voir se pr\u00e9senter au centre de soins une personne dont le corps lui est devenu \u00e9tranger. Un corps \u00ab&nbsp;d\u00e9propri\u00e9<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>&nbsp;\u00bb, qui n\u2019est plus \u00ab&nbsp;habill\u00e9&nbsp;\u00bb par les pens\u00e9es. Le bourreau a cherch\u00e9 \u00e0 <em>d\u00e9-subjectiver<\/em> sa victime, \u00e0 la rendre m\u00e9connaissable \u00e0 elle-m\u00eame. Une atmosph\u00e8re de pers\u00e9cution, des \u00e9prouv\u00e9s d\u2019angoisse constants, une posture en permanence aux aguets s\u2019inscrivent ainsi dans le corps. \u00ab&nbsp;Je ne me reconnais plus&nbsp;\u00bb disent beaucoup de nos patients.<br>La psychanalyse nous apprend que le premier investissement libidinal, pulsionnel du corps est un investissement narcissique. Lorsque le \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb est atteint, lorsque le sujet se sent menac\u00e9, une des mani\u00e8res de sauver une part de ce narcissisme est peut \u00eatre de \u00ab&nbsp;d\u00e9shabiter&nbsp;\u00bb ce corps ou au contraire de le surinvestir, notamment en \u00e9tant endolori ou malade. Ces modes de pr\u00e9sentation aux soignants sont cons\u00e9cutifs au regard humiliant du tortionnaire. Pour se reconna\u00eetre, le patient devra se d\u00e9tacher de l\u2019image avilie qui lui a \u00e9t\u00e9 imprim\u00e9e pour en recr\u00e9er une nouvelle.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9gradation renforc\u00e9e par l\u2019accueil car une fois en France, si l\u2019exil\u00e9 parvient \u00e0 entrer dans le processus d\u2019une r\u00e9gularisation, il se retrouve d\u00e9pendant, sans r\u00e9elles possibilit\u00e9s de r\u00e9investir sa vie tant que le statut n\u2019est pas obtenu. Il n\u2019est pas rare qu\u2019il soit ballot\u00e9 de lieux surpeupl\u00e9s en lieux humides, rappelant les prisons o\u00f9 certains ont \u00e9t\u00e9 reclus. Parti, mais pas encore arriv\u00e9. Une sorte de <em>no man\u2019s land<\/em>. Vivre un quotidien ancr\u00e9 dans une temporalit\u00e9 propre, c\u2019est pouvoir organiser sa vie&nbsp;: faire ses courses, pr\u00e9voir des repas, amener ses enfants \u00e0 l\u2019\u00e9cole, s\u2019acheter des v\u00eatements, recevoir ses amis. Chacune de ces activit\u00e9s est parasit\u00e9e par l\u2019attente d\u2019une reconnaissance juridique et sociale. Y compris la mani\u00e8re de se v\u00eatir n\u2019appartient plus \u00e0 la personne. Elle n\u2019a plus de v\u00eatements \u00ab&nbsp;propres&nbsp;\u00bb \u00e0 elle, ce qui relance cette d\u00e9sappropriation corporelle. Tout ceci entretient une \u00ab&nbsp;passivation&nbsp;\u00bb qui semble \u00e9ternelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Le corps devient alors porteur de maux puisque le sujet ne trouve pas les mots. Les plaintes d\u00e9pos\u00e9es chez le m\u00e9decin font \u00e9tat de douleurs, sans \u00ab&nbsp;substratum d\u00e9celable&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire, dont l\u2019origine organique n\u2019est pas directement identifiable. Ce sont des somatisations, des points douloureux localis\u00e9s, parfois tr\u00e8s diffus et qui peuvent \u00eatre aig\u00fces ou chroniques. Cette persistance ne permet-elle pas de retrouver un sentiment continu d\u2019exister&nbsp;? C\u2019est une patiente dont le site de sa souffrance se localisait dans une proth\u00e8se de genou. Op\u00e9r\u00e9e pendant son parcours d\u2019exil, elle trainait sa douleur jusqu\u2019\u00e0 son arriv\u00e9e en France. Elle \u00e9tait \u00ab&nbsp;m\u00e9canique&nbsp;\u00bb \u00e0 la fois dans sa fa\u00e7on de s\u2019installer dans l\u2019enceinte de la salle m\u00e9dicale mais aussi dans sa mani\u00e8re de parler au millim\u00e8tre pr\u00e8s de son articulation. Cette posture automatique contrastait avec l\u2019animation qui la saisissait lorsqu\u2019elle \u00e9voquait sa douleur. Les premi\u00e8res s\u00e9ances ont \u00e9t\u00e9 jalonn\u00e9es de descriptif anatomique, de bilan radiologique puis chirurgical. Elle \u00e9tait tr\u00e8s revendicative avec une app\u00e9tence pour les examens et un besoin de d\u00e9clencher les soins et des avis. Il y avait un enjeu de reconnaissance tr\u00e8s fort, comme une sorte de demande de r\u00e9paration constante. La m\u00e9decin constate en effet un probl\u00e8me m\u00e9canique mais qui ne n\u00e9cessite pas forc\u00e9ment un acte chirurgical. La mise en place d\u2019un suivi psychologique en parall\u00e8le, l\u2019\u00e9coute, le temps et la pr\u00e9sentation de ce que repr\u00e9sente une op\u00e9ration ont permis de freiner cette effervescence. Il a fallu reprendre avec elle le fait que le gain esp\u00e9r\u00e9 par une op\u00e9ration n\u2019allait pas forc\u00e9ment \u00eatre celui qu\u2019elle allait avoir&nbsp;: \u00eatre alit\u00e9e \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, r\u00e9apprendre \u00e0 se mettre debout, de la kin\u00e9sith\u00e9rapie tous les jours, etc. Elle s\u2019est rendue compte qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas pr\u00eate \u00e0 revivre ces moments. Progressivement, elle a cess\u00e9 de bloquer toutes ses souffrances dans son genou. Elle s\u2019est mise \u00e0 en parler de moins en moins, n\u2019en faisant plus un enjeu.<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail clinique commence donc par la remise en place d\u2019un contenant pour le corps au moyen notamment du regard. Cela d\u00e9passe le simple fait de regarder. C\u2019est beaucoup plus vaste, cela englobe la pr\u00e9sence dans l\u2019espace, la localisation, le ton et le rythme de la voix, les paroles, les gestes\u2026 Comment tous ces \u00e9l\u00e9ments enveloppent la personne. Lorsqu\u2019un patient ne se reconna\u00eet plus, c\u2019est notamment d\u00fb \u00e0 la perte du regard bienveillant apport\u00e9 habituellement d\u00e8s les premi\u00e8res ann\u00e9es de sa vie par la m\u00e8re. Lorsque l\u2019enfant se d\u00e9couvre dans le miroir et se reconna\u00eet pour la premi\u00e8re fois en tant que lui-m\u00eame (\u00ab&nbsp;stade du miroir&nbsp;\u00bb, 6-18 mois), cela lui offre une premi\u00e8re illusion d\u2019unit\u00e9, de coh\u00e9rence et de compl\u00e9tude de son corps. Mais en parall\u00e8le, ce \u00ab&nbsp;double de soi&nbsp;\u00bb le constitue aussi comme \u00e9tranger \u00e0 lui-m\u00eame, une sorte de figure rivale mena\u00e7ante et agressive. Pour se d\u00e9velopper, l\u2019enfant doit se d\u00e9coller de son image sp\u00e9culaire (renvoy\u00e9e par le miroir) et l\u2019int\u00e9grer pour se constituer un Id\u00e9al du Moi efficace. En d\u2019autres mots, &nbsp;\u00ab&nbsp;ce qu\u2019il souhaiterait devenir&nbsp;\u00bb. Pour cela, un adulte doit intervenir \u00e0 ce stade et signifier une nomination symbolique, qui vient faire acte de reconnaissance et d\u2019appropriation d\u2019identit\u00e9. Par exemple, un p\u00e8re s\u2019exclamerait&nbsp;: \u00ab&nbsp;oui, regarde, c\u2019est toi, Hava&nbsp;! Ma fille ch\u00e9rie&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Par cette remarque, ce p\u00e8re ouvre l\u2019enfant au discours. Nous savons, malheureusement que les sp\u00e9cialistes de la torture ont utilis\u00e9 ce savoir pr\u00e9cis pour induire chez la victime un \u00e9tat de r\u00e9gression extr\u00eame. Le sujet doit perdre tout rep\u00e8re identificatoire pour le faire sombrer dans un monde qui le rendrait \u00e9tranger \u00e0 lui-m\u00eame. Il retourne au stade de l\u2019<em>infans<\/em>, (enfant), \u00ab&nbsp;celui qui ne parle pas&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand un patient se regarde, il ne voit plus que cette image renvoy\u00e9e par le tortionnaire, qui est venue s\u2019intercaler entre le regard de la m\u00e8re et de l\u2019enfant. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de la recr\u00e9ation d\u2019une enveloppe, sonore, visuelle, voire tactile pour le m\u00e9decin ou le kin\u00e9sith\u00e9rapeute. Ce regard bienveillant participe \u00e0 la <em>re-connaissance<\/em> de la personne. Il alterne, entre la pr\u00e9sence et le retrait afin de laisser un espace de \u00ab&nbsp;jeu&nbsp;\u00bb au patient qui peut alors choisir de se montrer ou de se dissimuler. Au fil des s\u00e9ances, les cliniciens peuvent constater \u00e0 travers les postures du patient, la mani\u00e8re dont il se r\u00e9approprie son corps. Certaines femmes recommencent \u00e0 prendre soin d\u2019elles, elles se f\u00e9minisent \u00e0 nouveau. Cela commence par touches, pour devenir plus homog\u00e8ne. Petit \u00e0 petit les patients prennent soin de leur sant\u00e9, de leur apparence, ils se redressent et finissent par s\u2019\u00e9panouir. Les visages s\u2019\u00e9clairent, reprennent des couleurs, les peaux sont parfum\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Le regard port\u00e9 n\u2019est donc pas un reflet. Il porte une connaissance nouvelle au sujet, qui diff\u00e8re du fait de se retrouver \u00e0 l\u2019identique, \u00e0 la mani\u00e8re dont on \u00e9tait avant. C\u2019est une nouvelle naissance, difficile, douloureuse et qui prend du temps. Avec tout l\u2019apprentissage que laisse esp\u00e9rer un \u00eatre en d\u00e9veloppement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Agn\u00e8s Afna\u00efm, m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste au centre de soins<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Marie Danies, r\u00e9dactrice en chef<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pam\u00e9la Mayot \u2013 Der Antonian, m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste au centre de soins<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Beatrice Patsalides\u00a0 Hofmann, psychologue clinicienne au centre de soins<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Eric Sandlarz. Psychologue clinicien au centre de soins<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Terme propos\u00e9 par Fethi Benslama<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le corps endolori, bris\u00e9 par les effets de la violence, eux-m\u00eames entretenus par l\u2019exil et les conditions d\u2019accueil, semble d\u00e9sert\u00e9 par le sujet. Seul un regard bienveillant, se substituant \u00e0 celui du bourreau, favorise un r\u00e9investissement corporel. L\u2019exil, tel que nous souhaitons l\u2019\u00e9voquer, ne peut \u00eatre dissoci\u00e9 de la violence v\u00e9cue au pays. Le d\u00e9part &hellip; <a href=\"https:\/\/primolevi.org\/en\/ressource\/a-corps-perdu\">Continued<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":18,"featured_media":56157,"parent":0,"menu_order":193,"template":"","format":"standard","categorie-des-ressources":[185,236,296,188],"collection-de-ressources":[327],"mot-cle-des-ressources":[298,328],"class_list":["post-72576","ressource","type-ressource","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","categorie-des-ressources-les-consequences-de-lexil","categorie-des-ressources-medecine-generaliste","categorie-des-ressources-revue-memoires","categorie-des-ressources-trauma","collection-de-ressources-les-effets-de-lexil-n72","mot-cle-des-ressources-publications","mot-cle-des-ressources-revue-memoires"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.5 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>\u00c0 corps perdu - Centre Primo Levi<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"\u00c0 corps perdu - Centre Primo Levi\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Le corps endolori, bris\u00e9 par les effets de la violence, eux-m\u00eames entretenus par l\u2019exil et les conditions d\u2019accueil, semble d\u00e9sert\u00e9 par le sujet. Seul un regard bienveillant, se substituant \u00e0 celui du bourreau, favorise un r\u00e9investissement corporel. L\u2019exil, tel que nous souhaitons l\u2019\u00e9voquer, ne peut \u00eatre dissoci\u00e9 de la violence v\u00e9cue au pays. Le d\u00e9part &hellip; Continued\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Centre Primo Levi\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2024-06-27T12:52:42+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/primolevi.org\/app\/uploads\/2022\/06\/Memoires72-scaled.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"2560\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"1207\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"8 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu\",\"url\":\"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu\",\"name\":\"\u00c0 corps perdu - Centre Primo Levi\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/primolevi.org\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/primolevi.org\/app\/uploads\/2022\/06\/Memoires72-scaled.jpg\",\"datePublished\":\"2024-06-19T09:10:20+00:00\",\"dateModified\":\"2024-06-27T12:52:42+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"en-US\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"en-US\",\"@id\":\"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/primolevi.org\/app\/uploads\/2022\/06\/Memoires72-scaled.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/primolevi.org\/app\/uploads\/2022\/06\/Memoires72-scaled.jpg\",\"width\":2560,\"height\":1207},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/primolevi.org\/en\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Ressources\",\"item\":\"https:\/\/primolevi.org\/ressources\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"\u00c0 corps perdu\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/primolevi.org\/#website\",\"url\":\"https:\/\/primolevi.org\/\",\"name\":\"Centre Primo Levi\",\"description\":\"Vivre apr\u00e8s la torture\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/primolevi.org\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/primolevi.org\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"en-US\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\/\/primolevi.org\/#organization\",\"name\":\"Centre Primo Levi\",\"url\":\"https:\/\/primolevi.org\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"en-US\",\"@id\":\"https:\/\/primolevi.org\/#\/schema\/logo\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/primolevi.org\/app\/uploads\/2024\/09\/Logo-DGEF.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/primolevi.org\/app\/uploads\/2024\/09\/Logo-DGEF.jpg\",\"width\":500,\"height\":438,\"caption\":\"Centre Primo Levi\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/primolevi.org\/#\/schema\/logo\/image\/\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"\u00c0 corps perdu - Centre Primo Levi","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu","og_locale":"en_US","og_type":"article","og_title":"\u00c0 corps perdu - Centre Primo Levi","og_description":"Le corps endolori, bris\u00e9 par les effets de la violence, eux-m\u00eames entretenus par l\u2019exil et les conditions d\u2019accueil, semble d\u00e9sert\u00e9 par le sujet. Seul un regard bienveillant, se substituant \u00e0 celui du bourreau, favorise un r\u00e9investissement corporel. L\u2019exil, tel que nous souhaitons l\u2019\u00e9voquer, ne peut \u00eatre dissoci\u00e9 de la violence v\u00e9cue au pays. Le d\u00e9part &hellip; Continued","og_url":"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu","og_site_name":"Centre Primo Levi","article_modified_time":"2024-06-27T12:52:42+00:00","og_image":[{"width":2560,"height":1207,"url":"https:\/\/primolevi.org\/app\/uploads\/2022\/06\/Memoires72-scaled.jpg","type":"image\/jpeg"}],"twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Est. reading time":"8 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu","url":"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu","name":"\u00c0 corps perdu - Centre Primo Levi","isPartOf":{"@id":"https:\/\/primolevi.org\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/primolevi.org\/app\/uploads\/2022\/06\/Memoires72-scaled.jpg","datePublished":"2024-06-19T09:10:20+00:00","dateModified":"2024-06-27T12:52:42+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu#breadcrumb"},"inLanguage":"en-US","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"en-US","@id":"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu#primaryimage","url":"https:\/\/primolevi.org\/app\/uploads\/2022\/06\/Memoires72-scaled.jpg","contentUrl":"https:\/\/primolevi.org\/app\/uploads\/2022\/06\/Memoires72-scaled.jpg","width":2560,"height":1207},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/primolevi.org\/ressource\/a-corps-perdu#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/primolevi.org\/en"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Ressources","item":"https:\/\/primolevi.org\/ressources"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"\u00c0 corps perdu"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/primolevi.org\/#website","url":"https:\/\/primolevi.org\/","name":"Centre Primo Levi","description":"Vivre apr\u00e8s la torture","publisher":{"@id":"https:\/\/primolevi.org\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/primolevi.org\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"en-US"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/primolevi.org\/#organization","name":"Centre Primo Levi","url":"https:\/\/primolevi.org\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"en-US","@id":"https:\/\/primolevi.org\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/primolevi.org\/app\/uploads\/2024\/09\/Logo-DGEF.jpg","contentUrl":"https:\/\/primolevi.org\/app\/uploads\/2024\/09\/Logo-DGEF.jpg","width":500,"height":438,"caption":"Centre Primo Levi"},"image":{"@id":"https:\/\/primolevi.org\/#\/schema\/logo\/image\/"}}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/primolevi.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ressource\/72576","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/primolevi.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ressource"}],"about":[{"href":"https:\/\/primolevi.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/ressource"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/primolevi.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/18"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/primolevi.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ressource\/72576\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":72589,"href":"https:\/\/primolevi.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/ressource\/72576\/revisions\/72589"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/primolevi.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/56157"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/primolevi.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72576"}],"wp:term":[{"taxonomy":"categorie-des-ressources","embeddable":true,"href":"https:\/\/primolevi.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categorie-des-ressources?post=72576"},{"taxonomy":"collection-de-ressources","embeddable":true,"href":"https:\/\/primolevi.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/collection-de-ressources?post=72576"},{"taxonomy":"mot-cle-des-ressources","embeddable":true,"href":"https:\/\/primolevi.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/mot-cle-des-ressources?post=72576"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}