{"id":77775,"date":"2024-11-13T10:00:13","date_gmt":"2024-11-13T09:00:13","guid":{"rendered":"https:\/\/primolevi.org\/?post_type=ressource&#038;p=77775"},"modified":"2025-03-27T11:07:25","modified_gmt":"2025-03-27T10:07:25","slug":"exil-et-vieillissement","status":"publish","type":"ressource","link":"https:\/\/primolevi.org\/en\/ressource\/exil-et-vieillissement","title":{"rendered":"Exil et vieillissement"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans une sorte de petit apologue, <em>L\u2019Exil \u00e0 domicile<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a><\/em>, R\u00e9gis Debray \u00e9voque le bien \u00ab&nbsp;vieillir&nbsp;\u00bb avec cette formule&nbsp;: \u00ab&nbsp;Vieillir c\u2019est se retirer peu \u00e0 peu des grandeurs apparentes.&nbsp;\u00bb Il ajoute que la vieillesse n\u2019est pas toujours un naufrage sans compensation, mais \u00ab&nbsp;la revanche du t\u00e9nu sur l\u2019enfl\u00e9&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On aimerait souhaiter, pour nos patients, ce vieillir qui nous ferait les poches sans faire de bruit.<\/p>\n\n\n\n<p>La v\u00e9rit\u00e9 est que ce vieillir est entr\u00e9, pour nos patients, avec fracas. L\u2019histoire est sortie de ses gonds, selon la formule de Shakespeare. Ces personnes ne sont pas quittes, dans cet \u00e9branlement, d\u2019un simple pas de c\u00f4t\u00e9. Ce n\u2019est pas, pour eux, la simple perte des petits insignes de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>On sait aujourd\u2019hui qu\u2019apr\u00e8s des traumas importants associ\u00e9s \u00e0 l\u2019exil, le processus de vieillissement, comme fruit de m\u00e9canismes biologiques, est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, si ce n\u2019est pr\u00e9cipit\u00e9 par les violences elles-m\u00eames. Il faut y ajouter le plus souvent l\u2019atteinte des dimensions culturelles, qui tiennent au statut et r\u00f4le occup\u00e9s par ces personnes au sein de leur groupe d\u2019appartenance, et des dimensions sociales d\u2019une vie professionnelle et mat\u00e9rielle souvent d\u00e9j\u00e0 bien construites.<\/p>\n\n\n\n<p>Lacan \u00e9voque une dimension particuli\u00e8re de la confrontation traumatique qui peut nous aider \u00e0 figurer ce que pourrait \u00eatre la singularit\u00e9 de ces pertes chez le sujet \u00e2g\u00e9. Dans le d\u00e9voilement traumatique, Lacan dit que le monde des discours, des fantasmes qui orientent notre rapport au monde, non seulement \u00ab&nbsp;se fend, mais s\u2019ouvre sur son fond&nbsp;\u00bb. Le sujet c\u00e8derait l\u00e0 un \u00ab&nbsp;ce \u00e0 quoi il est appendu comme \u00e0 une part de lui-m\u00eame<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>&nbsp;\u00bb et qui n\u2019est pas rep\u00e9rable dans la r\u00e9alit\u00e9 des objets perdus. Pour se repr\u00e9senter cette id\u00e9e, je pense \u00e0 une patiente, au mitan de la cinquantaine, me disant pour exemple, apr\u00e8s son exil en France suite \u00e0 des mois d\u2019emprisonnement et de pers\u00e9cutions&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si je n\u2019ai plus de pass\u00e9, il n\u2019y a pas de futur, plus d\u2019espoir&nbsp;\u00bb, puis elle ajoute&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce n\u2019est pas seulement que je n\u2019ai plus de souvenirs de ma vie d\u2019avant, mais j\u2019ai l\u2019impression depuis tout ce temps d\u2019avoir perdu ma boussole&nbsp;\u00bb. Longtemps apr\u00e8s son arriv\u00e9e, cette vie pass\u00e9e lui demeurera r\u00e9trospectivement construite sur du sable, une sorte de songe, au point de consid\u00e9rer finalement que sa vie a commenc\u00e9 avec la prison. Elle conclura, avec un d\u00e9sarroi certain, une s\u00e9ance avec cette sentence&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je ne sais pas comment on recr\u00e9e une vie de rien.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une autre le\u00e7on, Lacan nous invite \u00e0 distinguer le registre de la m\u00e9lancolie de celui du deuil, c\u2019est-\u00e0-dire la perte de ce qui cause le d\u00e9sir, de la perte de ce qui vient \u00e0 le repr\u00e9senter, les objets dans la r\u00e9alit\u00e9. \u00c0 ce terme, Lacan va jusqu\u2019\u00e0 affirmer que le rapport \u00e0 la cause est \u00ab\u00a0plus enracinante que n\u2019importe quelle autre relation<a id=\"_ftnref3\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>\u00a0\u00bb. Si la probl\u00e9matique du sujet \u00e2g\u00e9 traumatis\u00e9 ne se confond pas avec la m\u00e9lancolie, l\u2019affirmation de Lacan peut nous aider \u00e0 mieux mesurer l\u2019enjeu que constituerait cette perte. Ce qui se d\u00e9robe derri\u00e8re l\u2019effondrement de la r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est le moteur du d\u00e9sir, dont il faut admettre qu\u2019il est un insu du sujet, ce qui lui est le plus intime et qui l\u2019oriente dans la vie. La psychanalyse nous apprend qu\u2019il est plut\u00f4t de l\u2019\u00e9toffe des mots, un bain de langage, de signifiants sur lesquels un sujet s\u2019est inconsciemment adoss\u00e9 depuis l\u2019enfance, afin de faire face \u00e0 son statut d\u2019\u00eatre parlant, l\u2019obligeant de ce fait \u00e0 soutenir un monde surgi d\u2019une faille. En perdant le reflet de l\u2019objet du d\u00e9sir, il en a aussi perdu les traces.<\/p>\n\n\n\n<p>On comprend mieux le rep\u00e9rage, chez nos patients \u00e2g\u00e9s, d\u2019une certaine perte des habilit\u00e9s \u00e0 accrocher le monde. Leur vie est parfois r\u00e9duite, d\u00e9sormais, \u00e0 sa dimension pulsatile et \u00e0 ses n\u00e9cessit\u00e9s&nbsp;: manger et dormir. La pente du retrait n\u2019est jamais tr\u00e8s loin. La douleur est souvent omnipr\u00e9sente et lancinante. Les investissements psychiques semblent retir\u00e9s du monde ext\u00e9rieur et retourn\u00e9s sur le corps propre, dans un processus qui nous rappelle, avec Freud, que la douleur peut-\u00eatre le sympt\u00f4me m\u00eame d\u2019une perte sans nom.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand certains contenus de la vie ne pourront plus \u00eatre r\u00e9ellement (r\u00e9)int\u00e9gr\u00e9s et repr\u00e9sent\u00e9s dans la vie psychique, car le sujet les sait d\u00e9sormais impossibles \u00e0 remplacer, comment alors reconqu\u00e9rir des territoires psychiques recouverts par les ruines du trauma ?<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un premier temps, nous pouvons nous appuyer sur les capacit\u00e9s rep\u00e9r\u00e9es chez ces sujets ayant atteint la zone la plus ombr\u00e9e, l\u2019ubac de la vie. Celles-ci tiennent souvent \u00e0 une aptitude \u00e0 se laisser plus ais\u00e9ment passiver par la vie, le langage&nbsp;; o\u00f9 le d\u00e9sir peut s\u2019adapter plus qu\u2019avant aux possibilit\u00e9s d\u2019extension du vivant et de r\u00e9tractation du corps. C\u2019est aussi la possibilit\u00e9 de laisser partir l\u2019objet, les id\u00e9aux, le travail. Il s\u2019\u00e9nonce ici une forme de d\u00e9pouillement qui n\u2019est plus celle de la ruine ou du renoncement, mais qui permet au sujet de se d\u00e9gager de la sc\u00e8ne de la perte, comme celle de l\u2019utilit\u00e9 sociale. Dans <em>Le Circuit des affects<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\"><strong>[4]<\/strong><\/a><\/em>, le philosophe Vladimir Safatle fait l\u2019\u00e9loge de la d\u00e9tresse, non comme d\u00e9senchantement, mais comme disposition subjective face \u00e0 l\u2019aspect \u00ab&nbsp;dispossessif&nbsp;\u00bb de la relation au monde, et donc comme possible mouvement d\u2019\u00e9mancipation. Il reprend l\u2019id\u00e9e de Freud qu\u2019on ne gu\u00e9rit pas de la d\u00e9tresse inaugurale. Derri\u00e8re le trauma de l\u2019histoire, g\u00eet, comme terre oubli\u00e9e, le trauma universel, celui de la perte originelle du fait d\u2019\u00eatre des \u00eatres parlants, d\u00e9sormais vou\u00e9s irr\u00e9vocablement, aux discours et aux r\u00eaves, toujours en exil de quelque chose. Le travail serait d\u2019aider le sujet \u00e0 se ressaisir de ce savoir inconscient, possibilit\u00e9 de d\u00e9gagement et d\u2019ouverture. C\u2019est aussi vaincre le d\u00e9sespoir envers la parole. C\u2019est l\u00e0 que le psychanalyste peut se positionner face au sujet \u00e2g\u00e9, en se saisissant de sa division psychique, dans sa perception plus sensible de la fragilit\u00e9 du monde et des fantasmes qui le tiennent.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce travail d\u00e9licat implique, pour le th\u00e9rapeute, de se laisser entamer par la douleur si particuli\u00e8re li\u00e9e aux grands traumatismes \u00e0 cet \u00e2ge. Anne Dufourmantelle, dans un livre<a id=\"_ftnref5\" href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>, met en avant l\u2019id\u00e9e d\u2019une \u00ab douceur comme puissance et non comme climat \u00bb. Pour elle\u00a0: \u00ab La puissance de m\u00e9tamorphose de la vie elle-m\u00eame se soutient de la douceur. \u00bb Elle dit\u00a0: \u00ab On la devine dans la mont\u00e9e de l\u2019obscurit\u00e9 en \u00e9t\u00e9, la tr\u00eave d\u2019un combat, la rencontre d\u2019un regard.\u00bb Quand elle dit qu\u2019elle est \u00ab frontali\u00e8re \u00bb, car elle offre elle-m\u00eame \u00ab\u00a0un passage\u00a0\u00bb, je songe, \u00e0 propos de ces patients si fragiles, \u00e0 la capacit\u00e9 du tact et de la douceur \u00e0 pouvoir les aider \u00e0 accueillir ce point d\u2019ind\u00e9termination qu\u2019est l\u2019inconscient, ouverture \u00e0 ce lieu de d\u00e9p\u00f4t o\u00f9 les signifiants demeurent disponibles pour (dire) autre chose et ouvrir \u00e0 autre chose.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, apr\u00e8s, qu\u2019est-ce qui pourra alors redonner des contours \u00e0 l\u2019objet du d\u00e9sir, quand un sujet sait que ces derniers ne pourront plus retrouver les \u00e9clats de leur v\u00eature pass\u00e9e, ni emprunter ais\u00e9ment ceux du monde \u00e0 venir&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Il faudra en repasser par la recherche des premi\u00e8res traces du passage du d\u00e9sir.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est alors, ici, moins, d\u00e9sormais, un \u00ab&nbsp;non advenu&nbsp;\u00bb qu\u2019un \u00ab&nbsp;d\u00e9j\u00e0 l\u00e0&nbsp;\u00bb \u00e0 (re)convoquer. Si la psychanalyse s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019id\u00e9al, c\u2019est en raison de sa dimension inconsciente, de ses origines infantiles et de la vigueur toujours renouvel\u00e9e qu\u2019il incarne. Jacques Lacan disait que, si le corps a un \u00e2ge, l\u2019\u00eatre parlant, sujet de l\u2019inconscient, n\u2019en a pas. L\u2019inconscient, finalement, ne conna\u00eetrait pas le temps. Si l\u2019enfance n\u2019est pas toujours enchant\u00e9e, on peut aussi y retrouver, recouvertes, mais toujours en attente de r\u00e9animation, des frayages de d\u00e9sir et leurs expressions de plaisir associ\u00e9es, afin qu\u2019ils circulent \u00e0 nouveau dans l\u2019actuel de nouvelles aspirations. Ainsi, le travail th\u00e9rapeutique s\u2019oriente \u00e0 d\u00e9nicher le d\u00e9sirant sous le d\u00e9sirable. On pense \u00e0 Winnicott, dans son travail sur les interactions pr\u00e9coces, ne cessant inlassablement de rechercher et de faire \u00e9merger les ph\u00e9nom\u00e8nes psychiques, les palpitations du d\u00e9sir \u00e0 son \u00e9tat naissant. \u00c0 sa suite, nous cherchons en tant qu\u2019analystes ces derniers refuges de l\u2019inconscient comme autant d\u2019espaces d\u2019ouvertures, pr\u00e9misses \u00e0 la constitution d\u2019un nouvel objet de d\u00e9sir, et cela avant m\u00eame qu\u2019il se constitue dans la r\u00e9alit\u00e9. Il est toujours \u00e9tonnant, dans les grandes pertes, et peut-\u00eatre encore plus \u00e0 cet \u00e2ge de la vie, de retrouver l\u2019enfant comme vecteur possible de ressourcement.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant que ce long travail ne permette un nouvel horizon pour le sujet, on peut esp\u00e9rer retrouver, sur le chemin, ce que Kierkegaard appelle \u00ab&nbsp;l\u2019amour de la r\u00e9p\u00e9tition<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\">[6]<\/a>&nbsp;\u00bb, celle du quotidien. Pour lui, la r\u00e9p\u00e9tition et le ressouvenir repr\u00e9sentent le m\u00eame mouvement mais en sens inverse, oppos\u00e9. La r\u00e9p\u00e9tition va vers l\u2019avant. L\u2019amour de la r\u00e9p\u00e9tition est en v\u00e9rit\u00e9 le seul heureux. \u00ab&nbsp;Il ne repr\u00e9sente pas l\u2019inqui\u00e9tude de l\u2019espoir, pas plus que la m\u00e9lancolie du ressouvenir, il a la sainte assurance de l\u2019instant pr\u00e9sent.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>On aura compris qu\u2019avec les patients traumatis\u00e9s \u00e2g\u00e9s, nous nous \u00e9loignons du travail psychanalytique d\u2019interpr\u00e9tation, de symbolisation, d\u2019\u00e9laboration fantasmatique d\u2019un objet de d\u00e9sir adoss\u00e9 sur les prescriptions sociales ou les retrouvailles avec l\u2019objet maternel. Nous arpentons des territoires qui nous emm\u00e8nent dans les zones les plus ombr\u00e9es&nbsp;de la vie : ses palpitations organiques, un temps intermittent, l\u2019\u00e9videment plut\u00f4t que la concr\u00e9tion, l\u2019ombre ou la trace c\u2019est-\u00e0-dire le n\u00e9gatif de l\u2019objet. C\u2019est un travail au lieu le plus intime du sentiment de la vie, autrement dit, le dernier refuge de la r\u00e9sistance de l\u2019humain.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Jacky Roptin, <\/em>psychologue clinicien et psychanalyste<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> R\u00e9gis Debray, <em>L&#8217;Exil \u00e0 domicile<\/em>, Paris, Gallimard, 2022.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Jacques Lacan, <em>Le S\u00e9minaire, <\/em>livre X, <em>L\u2019Angoisse, <\/em>Paris, Seuil, 2004, p.361-362.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> <em>Ibid<\/em>., p.388.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> Vladimir Safatle, <em>Le Circuit des affects<\/em>, Bordeaux, Le bord de l&#8217;eau, 2022.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> Anne Dufourmantelle, <em>Puissance de la douceur<\/em>, Paris, Rivages, 2013.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> S\u00f6ren Kierkegaard, <em>La R\u00e9p\u00e9tition<\/em>, Paris, Rivages, \u00ab&nbsp;Petite Biblioth\u00e8que&nbsp;\u00bb, 2003, p.28.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans une sorte de petit apologue, L\u2019Exil \u00e0 domicile[1], R\u00e9gis Debray \u00e9voque le bien \u00ab&nbsp;vieillir&nbsp;\u00bb avec cette formule&nbsp;: \u00ab&nbsp;Vieillir c\u2019est se retirer peu \u00e0 peu des grandeurs apparentes.&nbsp;\u00bb Il ajoute que la vieillesse n\u2019est pas toujours un naufrage sans compensation, mais \u00ab&nbsp;la revanche du t\u00e9nu sur l\u2019enfl\u00e9&nbsp;\u00bb.&nbsp; 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