{"id":94765,"date":"2025-07-16T11:00:00","date_gmt":"2025-07-16T09:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/primolevi.org\/?post_type=ressource&#038;p=94765"},"modified":"2025-07-16T11:55:19","modified_gmt":"2025-07-16T09:55:19","slug":"traces-traumatisme","status":"publish","type":"ressource","link":"https:\/\/primolevi.org\/en\/ressource\/traces-traumatisme","title":{"rendered":"Des traces du traumatisme psychique \u00e0 celles du sujet"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans une nouvelle du livre de Sebald, <em>Les Emigrants<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a><\/em>, le narrateur tente de comprendre ce que sont devenues, chez un homme, les traces effac\u00e9es de sa famille juive lituanienne. Cet homme, sans que l\u2019on sache r\u00e9ellement pourquoi, se suicide. Le narrateur se demande alors comment certaines choses ressurgissent, souvent apr\u00e8s un long silence et sans que rien ne puisse le pr\u00e9sager. C\u2019est un article de journal, relatant la restitution par un glacier de la d\u00e9pouille d\u2019un guide de montagne, 70 ans apr\u00e8s sa disparition, qui lui fera dire&nbsp;: \u00ab&nbsp;alors voil\u00e0 donc comment ils reviennent, les morts&nbsp;\u00bb \u2026&nbsp;\u00ab&nbsp;Ils sortent de la glace tel un petit tas d\u2019os polis, une paire de chaussures clout\u00e9es.<em>&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet exemple magnifique de la litt\u00e9rature, la trace tient autant \u00e0 ces petits \u00e9l\u00e9ments polis par le temps qu\u2019au mode insaisissable d\u2019effacement et, tout \u00e0 la fois, de conservation du pass\u00e9, notamment traumatique. La trace devient ici ce qui subsiste des origines, toujours susceptible de faire retour.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis M. P\u2026 en th\u00e9rapie depuis plus d\u2019un an. Quand je lui demande s\u2019il a des nouvelles du pays, il me r\u00e9pond d\u2019un ton assez d\u00e9finitif que non. Il dit qu\u2019il a jet\u00e9&nbsp;tous les portables qui l\u2019avaient accompagn\u00e9 sur sa route. Il le dit avec un visage qui ne formule aucun regret, qui exprime plut\u00f4t un soulagement. Il veut tout oublier, \u00ab&nbsp;mettre le plus de distance entre moi et tout cela&nbsp;\u00bb. M. P\u2026 est comme de nombreux r\u00e9fugi\u00e9s que nous recevons au Centre Primo Levi. Il a son histoire et ses traumas sur les talons et s\u2019en d\u00e9faire est une gageure, si ce n\u2019est dans ces tentatives parfois d\u00e9risoires de forcer l\u2019oubli artificiellement. On peut avancer, sans forcer le trait, que ses traumas le suivent \u00e0 la trace, dans l\u2019angoisse des foules, dans la solitude des cours de fran\u00e7ais, et m\u00eame dans ses nuits, le plus souvent nuits sans lune, \u00e9maill\u00e9es de cauchemars.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il semble l\u00e9gitime de dire qu\u2019ici, il n\u2019est alors pas question de trace, ou de leur effacement. On ne peut pas parler \u00e9galement de souvenir, qui impliquerait une certaine forme d\u2019oubli. On est plut\u00f4t dans \u00ab&nbsp;la r\u00e9plique&nbsp;\u00bb, qui, comme pour les s\u00e9ismes, est de la m\u00eame essence que la premi\u00e8re secousse qui replonge dans les affres des tourments d\u2019hier. Une patiente me r\u00e9p\u00e9tait ces sc\u00e8nes, incoercibles, o\u00f9, dans son h\u00e9bergement \u00e0 Paris, elle entend des pas dans le couloir, se r\u00e9veille, se rue vers son fils et lui dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ils sont l\u00e0, ils viennent nous arr\u00eater&nbsp;\u00bb, son fils lui r\u00e9pondant inlassablement&nbsp;: \u00ab&nbsp;Maman, tu es folle, on n\u2019est plus en Iran&nbsp;\u00bb. Elle conclura en disant \u00ab&nbsp;C\u2019est impossible \u00e0 faire comprendre comment cette angoisse vous colle \u00e0 la peau.&nbsp;\u00bb Les reviviscences, autant de r\u00e9p\u00e9titions et de r\u00e9apparitions des sc\u00e8nes traumatiques, signent le trauma. La psychiatrie en fait d\u2019ailleurs l\u2019\u00e9l\u00e9ment pathognomonique, c\u2019est-\u00e0-dire que l\u2019on ne retrouve que dans cette affection du traumatisme psychique.&nbsp;Elles <em>repr\u00e9sentent<\/em> moins le trauma qu\u2019elles le&nbsp;<em>pr\u00e9sentifient<\/em>. On semble bien loin de la position commune de \u00ab l\u2019homme n\u00e9vros\u00e9 \u00bb. Ce que le sujet n\u00e9vros\u00e9 a toujours dans la vie sur ses talons, ce ne sont pas n\u00e9cessairement ses traumas, mais son inconscient, le refoul\u00e9 et ses retours, comme en t\u00e9moignent actes manqu\u00e9s, mots d\u2019esprit, lapsus, et sympt\u00f4mes. La dimension n\u00e9vrotique dans ces formations est un art de l\u2019escamotage, du semblant, du leurre. Cet art d\u2019effacer les traces du passage du sujet fait d\u00e9faut au traumatis\u00e9. D\u2019autre part, le sujet, en temps normal, <em>ne&nbsp;prend pas au s\u00e9rieux<\/em> tout ce qui lui arrive dans la vie. Lacan le formule autrement en disant que \u00ab&nbsp;l\u2019inconscient est l\u2019hypoth\u00e8se que l\u2019on ne r\u00eave pas seulement quand on dort<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\"><em><strong>[2]<\/strong><\/em><\/a>&nbsp;\u00bb. Le traumatis\u00e9, lui, n\u2019a pas cette chance de s\u2019\u00e9chapper. Chez lui, parfois, <em>tout fait signe<\/em>, certitude de l\u2019angoisse, absence de doute que c\u2019est l\u00e0, toujours l\u00e0<em>. Il peut \u00eatre tout \u00e0 son trauma,<\/em> incapable de partir sans laisser d\u2019adresse, de se leurrer soi-m\u00eame. <em>Il ne peut se tromper ou tromper l\u2019Autre<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>M. P\u2026 a tent\u00e9 de s\u2019inscrire \u00e0 nouveau dans l\u2019\u00e9change et le commerce social. Mais il n\u2019y avait encore pour lui comme seule r\u00e9alit\u00e9 que la prison et les pratiques de ses bourreaux et ge\u00f4liers. Il y est alors retourn\u00e9 sous la forme d\u2019une chambre d\u2019un h\u00f4tel parisien du 115. On peut reprendre les mots de Simone Veil apr\u00e8s son retour des camps\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0\u00c0 Paris, les rares fois o\u00f9 j\u2019\u00e9tais invit\u00e9e quelque part, je me sentais de trop. Je me souviens m\u2019\u00eatre cach\u00e9e derri\u00e8re les rideaux dans les embrasures de fen\u00eatres, pour ne parler \u00e0 personne. Tout ce que les gens disaient me paraissait irr\u00e9el. Cette sensation est rest\u00e9e pendant des ann\u00e9es.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le trauma est tel qu\u2019il peut parfois recouvrir toutes les traces d\u2019une vie pass\u00e9e, au point de se constituer comme nouveau point d\u2019origine&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je n\u2019ai plus de souvenir de ma vie d\u2019avant.&nbsp;\u00bb Le trauma \u00e9jecte et oblit\u00e8re le sujet.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette sorte d\u2019expulsion, d\u2019effacement du sujet que produit le trauma est redoubl\u00e9 aujourd\u2019hui par les effets des dispositifs de pouvoir dans lesquels ces personnes sont inscrites et par les r\u00e9gimes de parole qui en d\u00e9coulent.<\/p>\n\n\n\n<p>Michel Foucault nous convie \u00e0 une r\u00e9flexion dans son texte \u00ab&nbsp;La vie des hommes inf\u00e2mes<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\"><em><strong>[3]<\/strong><\/em><\/a>&nbsp;\u00bb&nbsp;: &nbsp;il s\u2019int\u00e9resse \u00e0 toutes \u00ab&nbsp;ces vies qui ne semblent pouvoir exister ou laisser des traces,&nbsp;\u00e9nigmatiques, qu\u2019au point de leur contact avec le pouvoir&nbsp;\u00bb. Il \u00e9voque ces vies \u00ab&nbsp;arrach\u00e9es par le pouvoir \u00e0 l\u2019ombre o\u00f9 elles auraient pu, voire peut-\u00eatre toujours d\u00fb, rester&nbsp;\u00bb. Ce pouvoir, dit-il \u00ab&nbsp;qui a guett\u00e9 ces vies qui les a poursuivies, qui a port\u00e9 attention \u00e0 leurs plaintes et \u00e0 leur petit vacarme et qui les a marqu\u00e9es d\u2019un coup de griffe&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, une de mes patientes, Mme R., est log\u00e9e par des habitants de sa communaut\u00e9. Depuis plus d\u2019un an, elle ne sort pratiquement jamais. Les seuls d\u00e9placements qu\u2019elle effectue \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur sont ceux qu\u2019elle se sent oblig\u00e9e de faire, comme elle le dit&nbsp;: venir au Centre se soigner, aller aux rendez-vous administratifs rencontrer les personnes en charge de sa situation. La seule exception \u00e0 cette restriction de ses d\u00e9placements, \u00e9trangement, c\u2019est d\u2019aller d\u00e9ambuler dans un supermarch\u00e9, non pour acheter, elle ne poss\u00e8de rien, mais pour d\u00e9ambuler.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019image de cette patiente, selon les mots de Foucault, il y a des vies o\u00f9&nbsp;\u00ab&nbsp;le point le plus intense est bien l\u00e0 o\u00f9 elles se heurtent au pouvoir, se d\u00e9battent avec lui, tentent d\u2019utiliser ses forces ou d\u2019\u00e9chapper \u00e0 leur pi\u00e8ge&nbsp;\u00bb\u2026 Il est m\u00eame, selon lui,&nbsp;\u00ab&nbsp;inutile de leur chercher un autre visage ou de soup\u00e7onner en eux une autre grandeur&nbsp;; <strong>ils ne sont plus que ce par quoi on a voulu les accabler, ni plus ni moins. Telle est l\u2019infamie stricte<\/strong>\u2026&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment, d\u00e8s lors, retrouver des traces du sujet, la possibilit\u00e9 du sujet, de se pr\u00e9senter dans <em>un r\u00e9cit de soi qui ne soit pas index\u00e9 sur le seul trauma ou sa condition d\u2019asile<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>On sait que retrouver le sujet derri\u00e8re le trauma ne se travaille pas n\u00e9cessairement par l\u2019anamn\u00e8se. Le trauma retrouve toujours l\u2019impression premi\u00e8re, mais jamais le r\u00e9cit des premiers temps, le r\u00e9cit des origines, car le trauma, on l\u2019a compris, c\u2019est <strong>l\u2019annihilation subjective<\/strong>. <strong><em>Au moment du v\u00e9cu de l\u2019\u00e9v\u00e9nement traumatique le sujet n\u2019y est plus<\/em><\/strong>. Finalement, dit autrement, on ne croit pas qu\u2019il suffise, pour n\u2019en plus p\u00e2tir, de remonter ponctuellement le cours des deuils dans l\u2019espoir de l\u2019aider \u00e0 en reprendre historiquement l\u2019initiative.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour retrouver les traces du sujet derri\u00e8re le trauma et le soustraire en m\u00eame temps aux serres du pouvoir, on peut s\u2019inspirer de la r\u00e9flexion d\u00e9velopp\u00e9e par une anthropologue indienne, Veena Daas, dans <em>Les Voix de l\u2019ordinaire<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\"><strong>[4]<\/strong><\/a><\/em>. Elle oriente notre regard, concernant les violences politiques, sur l\u2019extr\u00eame fragilit\u00e9 de la \u00ab vie ordinaire \u00bb face aux d\u00e9sastres et sur la pr\u00e9carit\u00e9 des \u00ab formes vitales \u00bb. Ces \u00ab formes de vie&nbsp;\u00bb dont elle parle ne sont pas, pour elle, de simples modes de vie, elle ne les assimile pas \u00e0 la culture, ce n\u2019est ni un naturalisme mais <strong><em>une forme de r\u00e9gularit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience de vie qui fait l\u2019\u00e9toffe et la texture, la consistance de nos vies<\/em><\/strong>. C\u2019est peut-\u00eatre avec Hannah Arendt que nous en retrouvons une certaine \u00e9vocation&nbsp;: \u00ab&nbsp;nous avons perdu nos maisons et donc la familiarit\u00e9 de nos vies quotidiennes\u2026 <em>nous avons perdu notre langue, et donc la naturalit\u00e9 de nos r\u00e9actions, la simplicit\u00e9 des gestes, l\u2019expression sans affectation de nos sentiments<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ses d\u00e9ambulations, on pourrait formuler que ce que cherche notre patiente, derri\u00e8re l\u2019artifice des n\u00e9ons et des couleurs de ce supermarch\u00e9, ce sont les traces de cette exp\u00e9rience commune de vie qu\u2019elle ne sait encore comment rejoindre. Dans un monde contemporain o\u00f9 les exil\u00e9s exp\u00e9rimentent toutes formes de contraintes et o\u00f9 on se demande si ce&nbsp;droit \u00e0 la banalit\u00e9 d\u2019une vie est encore possible, on songe aux mots de Joyce dans <em>Finnegan\u2019s wake<\/em>&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>l\u2019histoire est un cauchemar dont j\u2019essaie de me r\u00e9veiller.<\/em>&nbsp;\u00bb Finalement, le grand r\u00eave des exil\u00e9s est peut-\u00eatre de <em>dispara\u00eetre enfin comme on dit \u00ab&nbsp;des radars de l\u2019Autre&nbsp;\u00bb, des \u00ab&nbsp;radars de l\u2019histoire&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Retourner \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience commune, \u00e0 l\u2019anonymat et \u00e0 la possibilit\u00e9 de n\u2019\u00eatre qu\u2019un parmi d\u2019autres, retrouver la rythmicit\u00e9 qui organise le quotidien, redevenir un semblable, pouvoir choisir, reconqu\u00e9rir des gestes simples sont des processus de transformation personnelle et sociale, qui sont autant de ressources que traumatismes et violences politiques concourent \u00e0 profond\u00e9ment ab\u00eemer.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi nous avons march\u00e9 \u00e0 rebours de Sebald, de la qu\u00eate des traces du trauma pour essayer de rejoindre celles du sujet. Comme les artistes d\u00e9crits par Georges Didi Huberman dans son livre <em>G\u00e9nie du non-lieu<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\"><strong>[5]<\/strong><\/a><\/em>, qui tentent de redonner forme \u00e0 une pr\u00e9sence disparue, \u00e0 ce qui t\u00e9moigne d\u2019une pr\u00e9sence dans la mati\u00e8re elle-m\u00eame, nous avons essay\u00e9 de redonner place \u00e0 ces quelques coordonn\u00e9es du sujet qui laissent une empreinte dans la parole. S\u2019attacher aux traces du sujet plut\u00f4t qu\u2019au trauma, c\u2019est aussi porter une attention particuli\u00e8re aux formes silencieuses de s\u00e9dimentation et de recomposition des liens sociaux dont l\u2019actualit\u00e9 nous rappelle que ces formes discr\u00e8tes sont au c\u0153ur des processus de destruction contemporains.<\/p>\n\n\n\n<p>Jacky Roptin, psychologue clinicien, psychanalyste<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Winfried Georg Sebald, <em>Les \u00c9migrants<\/em>, Arles, Acte Sud, 1999.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Jacques Lacan, <em>Le <\/em><em>S\u00e9minaire, <\/em>livre XXV,<em> Le Temps de conclure <\/em>(1977-1978)<em>,<\/em> p.5 [en ligne].<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Michel Foucault, \u00ab&nbsp;La vie des hommes inf\u00e2mes&nbsp;\u00bb, <em>Cahier du Chemin,<\/em> Paris, Gallimard, 1977.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> Veena Das, <em>Les Voix de l\u2019ordinaire. L\u2019anthropologue face \u00e0 la violence<\/em>, Lausanne, Bsn Press, 2021.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> Georges Didi-Huberman, <em>G\u00e9nie du non-lieu<\/em>, Paris, Minuit, 2001.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans une nouvelle du livre de Sebald, Les Emigrants[1], le narrateur tente de comprendre ce que sont devenues, chez un homme, les traces effac\u00e9es de sa famille juive lituanienne. Cet homme, sans que l\u2019on sache r\u00e9ellement pourquoi, se suicide. 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