Communiqué de presse :
Le Centre Primo Levi a lancé un projet d’escalade pour ses jeunes patients, en lien avec le Club Alpin Français, et parrainé par Afraa Mohammad, jeune réfugiée d’origine palestinienne. Le but : offrir une bulle de répit et dépasser les effets des violences vécues et de l’exil.
Le Centre Primo Levi reçoit de nombreux jeunes, mineurs isolés ou non, en grande difficulté psychique et sociale suite à des parcours d’exil jalonnés de violence. À leur arrivée en France, une partie d’entre eux présente des troubles psycho-traumatiques importants. La mise en place du projet GRAVIR (GRoupe AVenture avenIR) répond à cette souffrance.
« L’escalade, explique Hélene Desforges, kinésithérapeute, qui a initié ce projet au sein de notre équipe, est une pratique corporelle et sportive exigeante et nous nous faisons le pari qu’elle peut être un soutien et apporter une ossature à nos patients en situation post-traumatique, qui manquent de repères, et qui ont beaucoup de liens à retisser. C’est un renforcement par l’utilisation du corps. »
Sur la cordée avec le Centre Primo Levi est présent le Club Alpin Français, qui co-coordonne le projet et s’ouvre là à un nouveau public. Deux structures qui avaient peu de chances de se rencontrer mais qui se retrouvent finalement dans des valeurs d’accueil et d’écoute. Pour nos patients, il s’agit de pratiquer une discipline qui invite à ré-habiter son corps, à trouver des appuis stables pour « avancer ». Cela signifie aussi l’entrée dans une communauté, dans laquelle, une fois par semaine, ils vont partager un espace, des discussions et participer à la vie d’un club, basée sur la transmission d’expérience.
Afraa Mohammad, réfugiée d’origine palestinienne, qui participera aux JO de Los Angeles en escalade dans l’équipe réfugiée, a accepté d’être la marraine du projet. « Mon objectif, dit-elle, est de permettre à plus de réfugiés et de minorités de grimper et de concourir, pour que les salles d’escalade et les clubs prennent plus d’actions en faveur de l’intégration ».
« Ce projet permet de construire un sentiment de confiance conclut Hélene Desforges. Sur une cordée, il y a toujours deux personnes, une qui grimpe et une qui sécurise. Je te protège, tu me protèges. Ensuite, la symbolique de passer un mur est aussi très présente. Il est là, devant nos patients. Ils vont trouver un moyen de le franchir et ils ne le feront pas seuls. Ils ne sont plus au pied du mur, ils sont en haut ».