Colloque « Mouvement et Résistances »

COLLOQUE DU CENTRE PRIMO LEVI

27 novembre 2026 de 9h à 18h

Auditorium de l’Inalco 65 rue des Grands Moulins 75013

PROGRAMME

Le programme est en cours de finalisation et sera prochainement mis en ligne et téléchargeable ICI.

INSCRIPTION

L’inscription au colloque est obligatoire et s’effectue via HelloAsso pour les inscriptions suivantes :

  • 55 € pour une inscription individuelle,
  • 30 € au tarif réduit pour les étudiants et les demandeurs d’emploi (sur présentation d’un justificatif)

Il est également possible de s’inscrire au titre de la formation continue (110€). Merci d’adresser votre demande à : colloque@primolevi.org.


Le sujet victime de violences politiques et de torture a été atteint dans le plus intime de son corps, de son histoire et de sa capacité à entrer en lien avec un autre. Aux prises avec un impossible à dire, sa capacité de mouvement, aussi bien physique que psychique, peut être mise à mal.

Quand la sidération s’installe et que la parole vient à manquer, la souffrance s’exprime sur et par le corps. Corps douloureux, marqué, tendu, bloqué, paralysé, gelé, désarticulé ou encore anesthésié, sa remise en mouvement nécessite du temps, de l’écoute et du tact.

Comment repérer ces mouvements, parfois infimes, et leur donner place dans le transfert ? 

L’expérience de la cruauté intentionnelle fige la temporalité du sujet, qui se trouve capturé dans des scènes répétitives, en quelque sorte inachevées, qui entravent sa capacité à se projeter dans un avenir encore habitable.

Le mouvement est alors celui d’un circuit fermé et circulaire, qui enferme le sujet dans une véritable structure de hantise, produisant une forme de passivation et d’évidement de la pensée, tout comme diverses formes d’envahissement.

Le dispositif analytique, à deux ou à trois avec un interprète, par l’accueil de l’inconscient et la prise en compte du transfert, propose au sujet de travailler à partir d’une dynamique, qui n’est pas dénuée de résistances.

Comment restaurer un élan désirant, réintroduire le sujet dans une circulation physique, pulsionnelle, relationnelle ?

Le travail clinique mené au Centre Primo Levi consiste bien souvent à soutenir et relancer des mouvements de vie qui ont été étouffés, écrasés — une forme de réanimation psychique et corporelle pour contrer les effets de mortification de la violence politique.

Parfois vertigineux, ce travail suppose de fabriquer à plusieurs les conditions d’un maillage accueillant, qui multiplie et distingue de nouvelles scènes pour le sujet.

Ce portage institutionnel est d’autant plus crucial que l’arrivée en France ne marque pas toujours la fin des violences. L’immobilité imposée par des procédures juridiques de plus en plus rigides entrave le sujet dans sa liberté de circulation, sa possibilité de se former ou encore de travailler. Ce « hors-temps » social, dans lequel beaucoup d’exilés sont confinés, produit des sujets suspendus à l’attente, empêchés dans leur puissance d’agir, aliénés à un verdict arbitraire qui dictera leur avenir.

Quand la précarité et la privation réduisent les mouvements d’un sujet à la stricte survie matérielle, que reste-t-il du rapport au vivant, de la possibilité pour un être humain de se transformer et de transformer le monde ? 

Relancer un mouvement qui ne soit pas pur chaos suppose de pouvoir se situer quelque part. L’exilé condamné à fuir est-il autorisé à se poser et de nouveau s’ancrer quelque part ? Comment se réapproprier un espace où circuler, où créer des nouveaux liens d’appartenance et de familiarité ? Comment, à nouveau, habiter un lieu ?

La mortification que produit la violence politique ne laisse pas les professionnels indemnes. D’où l’importance de revitaliser la pensée en aménageant et en instituant des espaces de réflexion collective. Le soin institutionnel passe par la restauration de liens et d’espaces de socialisation qui produisent des coupures, des distinctions dans le continuum traumatique. Le travail consiste alors à séparer, réarticuler, ouvrir des seuils et des passages entre différentes scènes qui remettent le sujet en circulation dans une histoire de vie de nouveau habitable et lui rendent une capacité d’agir. Créer les conditions d’une rencontre, s’autoriser de nouveau des liens vivants aux autres, permet de sortir du repli et de résister aux puissances de déliaison qui œuvrent, aujourd’hui plus que jamais, à l’échelle individuelle et collective.

La relance d’une dynamique de subjectivation s’étaye aussi sur le collectif ; le mouvement est aussi celui du politique : se mobiliser, s’exprimer, alerter, lutter, résister.

En cette période d’hostilité grandissante vis-à- vis de tout accueil de « l’étranger », il y a aussi une forme d’urgence à garder une pratique en mouvement
et en résistance.


Avec la participation de : Miguel BENASAYAG, Chowra MAKAREMI, Nathalie DOLLEZ, Anthonythasan JESUTHASAN, Valentin HECKER, Hélène DESFORGES, Alexis NOUSS, Frédéric VINOT, Malika MANSOURI, Sophie MENDELSOHN, Emilie ABED, Agnès AFNAÏM.

D’autres interventions sont encore en cours de confirmation. La liste des participants, ainsi que le programme, seront mis à jour progressivement sur cette page.

Le colloque se déroulera dans l’Auditorium de l’Inalco, le vendredi 27 novembre 2026 de 9h à 18h.

À 19h débutera la soirée des 30 ans du Centre Primo Levi, un moment de célébration ouvert aux participants du colloque. L’inscription est gratuite, dans la limite des places disponibles.

Pour toute demande relative à l’évènement, merci de contacter : colloque@primolevi.org


Comité scientifique : Marie-Caroline SAGLIO-YATZIMIRSKY, Lucia BLEY et Valentin HECKER.

Comité d’organisation : Tatiana THEYS, Mathilde PLESSE, Charlotte TALLEC, Fiona GRAND-MOURSEL